{"id":3247,"date":"2026-03-02T15:15:43","date_gmt":"2026-03-02T14:15:43","guid":{"rendered":"https:\/\/plantvoice.farm\/engrais-naturels-vs-engrais-chimiques\/"},"modified":"2026-03-02T15:15:43","modified_gmt":"2026-03-02T14:15:43","slug":"engrais-naturels-vs-engrais-chimiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/engrais-naturels-vs-engrais-chimiques\/","title":{"rendered":"Engrais naturels vs. engrais chimiques&nbsp;:"},"content":{"rendered":"<p><strong>Choisir le bon engrais pour un verger<\/strong> est une d\u00e9cision cruciale. Elle influe sur la productivit\u00e9 saisonni\u00e8re, la fertilit\u00e9 des sols \u00e0 long terme, la r\u00e9sistance des plants au stress hydrique et pathog\u00e8ne, et, dans le cas d&rsquo;une production certifi\u00e9e, sur la conformit\u00e9 aux normes de l&rsquo;agriculture biologique ou int\u00e9gr\u00e9e. La r\u00e9alit\u00e9 agronomique est plus complexe, et l&rsquo;ignorer conduit \u00e0 des choix sous-optimaux, tant en termes de production que de rentabilit\u00e9.  <\/p>\n<p>Cet article analyse les <strong>diff\u00e9rences chimico-fonctionnelles entre les deux cat\u00e9gories<\/strong> , les m\u00e9canismes d&rsquo;action dans le syst\u00e8me sol-plante, les strat\u00e9gies d&rsquo;utilisation saisonni\u00e8re et les contraintes r\u00e9glementaires en vigueur en Italie.<\/p>\n<h2>  Engrais min\u00e9raux et organiques&nbsp;: ce qui les distingue vraiment<\/h2>\n<p>D\u2019un point de vue chimico-fonctionnel, la <strong>diff\u00e9rence fondamentale entre les engrais min\u00e9raux et organiques<\/strong> r\u00e9side moins dans leur origine que dans la <strong>disponibilit\u00e9 des nutriments<\/strong> et <strong>leur effet sur le syst\u00e8me sol-plante<\/strong> .<\/p>\n<h2>Engrais min\u00e9raux (ou synth\u00e9tiques)<\/h2>\n<p><strong>Les engrais min\u00e9raux<\/strong> apportent <strong>des nutriments<\/strong> (azote (N), phosphore (P) et potassium (K), d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;acronyme NPK) sous forme de <strong>sels solubles dans l&rsquo;eau, directement absorb\u00e9s par le syst\u00e8me racinaire<\/strong> . Une fois dissous dans la solution du sol, les <strong>ions nutritifs sont disponibles pour l&rsquo;absorption racinaire<\/strong> beaucoup plus <strong>rapidement<\/strong> que toute source organique. C&rsquo;est leur <strong>principal avantage<\/strong>&nbsp;: en cas de carence aigu\u00eb ou lors de la reprise v\u00e9g\u00e9tative printani\u00e8re, ils constituent le moyen le plus efficace d&rsquo;une intervention rapide et cibl\u00e9e.  <\/p>\n<p>Il est important de pr\u00e9ciser que les \u00e9l\u00e9ments qu&rsquo;ils apportent (azote, phosphore, potassium) sont <strong>chimiquement identiques \u00e0 ceux lib\u00e9r\u00e9s dans le sol par la min\u00e9ralisation de la mati\u00e8re organique<\/strong> . La <strong>diff\u00e9rence<\/strong> ne r\u00e9side pas dans la nature des \u00e9l\u00e9ments, mais <strong>dans la forme sous laquelle ils sont fournis et la vitesse \u00e0 laquelle ils deviennent assimilables<\/strong> par la plante. Le <strong>point critique<\/strong> n&rsquo;est donc pas la toxicit\u00e9 intrins\u00e8que du produit, mais plut\u00f4t sa <strong>gestion dans le temps<\/strong> . Utilis\u00e9s comme unique source de nutrition, sans apports organiques, ils peuvent engendrer divers probl\u00e8mes&nbsp;:   <\/p>\n<ul>\n<li>Elles appauvrissent progressivement la structure du sol.<\/li>\n<li>Ils r\u00e9duisent la r\u00e9tention d&rsquo;eau.<\/li>\n<li>Ils diminuent l&rsquo;activit\u00e9 microbienne.<\/li>\n<li>Ils d\u00e9gradent l&rsquo;humus.<\/li>\n<li>Ils peuvent modifier le pH.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce sont l\u00e0 autant de facteurs qui, en d\u00e9finitive, limitent l&rsquo;efficacit\u00e9 des engrais min\u00e9raux. \u00c0 cela s&rsquo;ajoute le <strong>risque de lessivage de l&rsquo;azote nitrique<\/strong> vers les eaux souterraines, un probl\u00e8me particuli\u00e8rement important dans les zones vuln\u00e9rables aux nitrates d\u00e9sign\u00e9es en vertu de la directive 91\/676\/CEE. <\/p>\n<h2>  Engrais organiques<\/h2>\n<p><strong>Les engrais organiques<\/strong> (fumier m\u00fbr, fumier de ferme, compost, farine de corne et de sabot, farine d&rsquo;os, guano, humus de vers de terre, r\u00e9sidus v\u00e9g\u00e9taux) doivent <strong>d&rsquo;abord subir une min\u00e9ralisation microbienne<\/strong> dans le sol pour que les nutriments soient assimilables par les racines. Les principaux acteurs de ce processus sont <strong>les champignons, les bact\u00e9ries, les actinomyc\u00e8tes et la faune du sol<\/strong> , dont l&rsquo;activit\u00e9 est \u00e9troitement <strong>li\u00e9e \u00e0 la temp\u00e9rature<\/strong>&nbsp;: elle ralentit consid\u00e9rablement en dessous de 10&nbsp;\u00b0C et est drastiquement r\u00e9duite en cas de s\u00e9cheresse ou d&rsquo;asphyxie racinaire. <strong>La synchronisation avec les besoins de la plante n&rsquo;est donc pas automatique,<\/strong> car elle d\u00e9pend du moment de l&rsquo;application, de la temp\u00e9rature du sol et de la stabilit\u00e9 du produit. Cependant, une planification ad\u00e9quate repr\u00e9sente l&rsquo;un des principaux atouts de cette cat\u00e9gorie d&rsquo;engrais.  <\/p>\n<p>Comparativement aux min\u00e9raux, les produits organiques stabilis\u00e9s et bien m\u00fbrs <strong>r\u00e9duisent le risque de lessivage de l&rsquo;azote nitrique<\/strong> , \u00e9vitent les pics de concentration en sel dans la solution de circulation et favorisent la prolif\u00e9ration des micro-organismes b\u00e9n\u00e9fiques dans le sol. Ce dernier point m\u00e9rite toutefois d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9&nbsp;: il concerne uniquement les produits <strong>certifi\u00e9s de qualit\u00e9 et suffisamment m\u00fbrs<\/strong> . Le fumier frais, le lisier non stabilis\u00e9 ou les produits provenant d&rsquo;\u00e9levages utilisant intensivement des antibiotiques peuvent <strong>introduire des agents pathog\u00e8nes ou des r\u00e9sidus m\u00e9dicamenteux<\/strong> qui perturbent l&rsquo;\u00e9quilibre microbien au lieu de l&rsquo;am\u00e9liorer.  <\/p>\n<p>La principale valeur ajout\u00e9e par rapport aux engrais min\u00e9raux seuls r\u00e9side <strong>dans l&rsquo;apport de carbone organique<\/strong> , <strong>d&rsquo;acides amin\u00e9s<\/strong> , <strong>d&rsquo;acides humiques et fulviques<\/strong>&nbsp;: des composants qui am\u00e9liorent durablement la structure du sol, sa capacit\u00e9 d&rsquo;\u00e9change cationique (CEC) et sa fertilit\u00e9 biologique. Il convient de noter que les engrais organo-min\u00e9raux et certains biostimulants issus de la l\u00e9onardite ou de l&rsquo;hydrolyse des prot\u00e9ines offrent partiellement ces avantages, m\u00eame s&rsquo;ils ne sont pas enti\u00e8rement organiques. <\/p>\n<h2>Le cycle de la mati\u00e8re organique : pourquoi il est essentiel \u00e0 la culture fruiti\u00e8re<\/h2>\n<p>Dans <strong>les \u00e9cosyst\u00e8mes naturels intacts<\/strong> \u2014 for\u00eats de feuillus, for\u00eats m\u00e9diterran\u00e9ennes <strong>\u2014, l&rsquo;absence de fertilisation humaine n&rsquo;explique pas<\/strong> la prosp\u00e9rit\u00e9 de la v\u00e9g\u00e9tation. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;explique par le <strong>cycle continu de la mati\u00e8re organique<\/strong>&nbsp;: les r\u00e9sidus v\u00e9g\u00e9taux et animaux sont min\u00e9ralis\u00e9s par les micro-organismes du sol, et les nutriments sont \u00e0 nouveau disponibles pour les racines dans un \u00e9quilibre dynamique et autor\u00e9gul\u00e9. <\/p>\n<p>Dans un <strong>verger cultiv\u00e9<\/strong> , <strong>ce cycle est interrompu ou ralenti<\/strong> par de multiples facteurs simultan\u00e9s&nbsp;: le travail m\u00e9canique du sol d\u00e9grade les agr\u00e9gats et acc\u00e9l\u00e8re l\u2019oxydation de la mati\u00e8re organique, la r\u00e9colte des fruits pr\u00e9l\u00e8ve de la biomasse sans la restituer au sol, et le d\u00e9sherbage total, lorsqu\u2019il est encore pratiqu\u00e9, \u00e9limine la flore spontan\u00e9e entre les rangs, <strong>r\u00e9duisant ainsi l\u2019apport de biomasse racinaire<\/strong> . En <strong>arboriculture fruiti\u00e8re int\u00e9gr\u00e9e moderne,<\/strong> le d\u00e9sherbage total est progressivement <strong>remplac\u00e9 par un engazonnement contr\u00f4l\u00e9 entre les rangs<\/strong> , qui contribue positivement \u00e0 la teneur en mati\u00e8re organique du sol. Cependant, une gestion conventionnelle plus intensive entra\u00eene une <strong>r\u00e9duction progressive de la teneur en mati\u00e8re organique<\/strong> , avec des effets n\u00e9gatifs sur la structure du sol, sa capacit\u00e9 d\u2019\u00e9change cationique (CEC), sa capacit\u00e9 de r\u00e9tention d\u2019eau et son activit\u00e9 biologique. <strong>La fertilisation organique<\/strong> est le <strong>moyen le plus direct de r\u00e9introduire de la mati\u00e8re organique<\/strong> dans le syst\u00e8me et de contrer cette tendance \u00e0 l\u2019appauvrissement.   <\/p>\n<p>Un param\u00e8tre de r\u00e9f\u00e9rence utile dans la gestion des sols du verger est la <strong>teneur en mati\u00e8re organique<\/strong> , dont les seuils critiques d\u00e9pendent principalement de la <strong>texture du sol<\/strong> :<\/p>\n<ul>\n<li>Moins de 1 % dans les sols sableux.<\/li>\n<li>Moins de 1,5 % dans les sols limoneux sableux.<\/li>\n<li>Moins de 2 % dans les sols argilo-limoneux.<\/li>\n<li>En dessous de 2,5 \u00e0 3 % dans les sols argileux, il existe un d\u00e9ficit structurel qui limite la r\u00e9ponse de la culture m\u00eame \u00e0 la fertilisation min\u00e9rale la plus pr\u00e9cise.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il convient de noter que <strong>les sols du sud<\/strong> ont g\u00e9n\u00e9ralement une composition <strong>plus pauvre<\/strong> que ceux du nord en raison <strong>des temp\u00e9ratures plus \u00e9lev\u00e9es<\/strong> , qui acc\u00e9l\u00e8rent la min\u00e9ralisation de la mati\u00e8re organique tout au long de l&rsquo;ann\u00e9e. Dans ces cas <strong>, l&rsquo;apport de mati\u00e8re organique n&rsquo;est pas une option, mais une n\u00e9cessit\u00e9 agronomique<\/strong> . <\/p>\n<h2>  Engrais organo-min\u00e9raux&nbsp;: la troisi\u00e8me voie, souvent sous-estim\u00e9e<\/h2>\n<blockquote><p>Le  <strong>R\u00e8glement (UE) n\u00b0 1009\/2019 <\/strong>, en vigueur \u00e0 partir de juillet 2022, s\u2019applique aux <strong>produits commercialis\u00e9s sous l\u2019appellation \u00ab engrais UE \u00bb<\/strong> et d\u00e9finit <strong>les engrais organo-min\u00e9raux<\/strong> comme des produits obtenus par la r\u00e9action ou le m\u00e9lange d\u2019engrais organiques avec des engrais min\u00e9raux purs ou compos\u00e9s (Annexe I, PFC 3).   <strong>D\u00e9cret l\u00e9gislatif 75\/2010<\/strong>  Elle reste en vigueur en m\u00eame temps pour les engrais qui circulent uniquement sur le <strong>march\u00e9 national<\/strong> : les deux syst\u00e8mes coexistent et le choix de la r\u00e9f\u00e9rence r\u00e9glementaire <strong>d\u00e9pend du circuit de commercialisation du produit<\/strong> .<\/p><\/blockquote>\n<p>D\u2019un point de vue agronomique, <strong>les organo-min\u00e9raux<\/strong> poss\u00e8dent des caract\u00e9ristiques qui en font un outil compl\u00e9mentaire \u2013 et non un substitut \u2013 aux intrants organiques saisonniers&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Disponibilit\u00e9 rapide des nutriments<\/strong> : la composante min\u00e9rale garantit un effet rapide comparable aux engrais min\u00e9raux purs.<\/li>\n<li><strong>Contribution \u00e0 la composante biologique du sol<\/strong> : la fraction organique nourrit partiellement le microbiote, mais dans une moindre mesure qu&rsquo;une fraction purement organique.<\/li>\n<li><strong>Am\u00e9lioration de la structure proportionnelle \u00e0 la teneur en mati\u00e8re organique<\/strong> : plus la teneur en mati\u00e8re organique du produit est \u00e9lev\u00e9e, plus son effet b\u00e9n\u00e9fique sur la structure du sol est important \u2014 v\u00e9rifiez toujours la composition sur l&rsquo;\u00e9tiquette.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9duction du risque de lessivage<\/strong> : dans les sols pauvres en mati\u00e8re organique, la composante organique ralentit la lib\u00e9ration d&rsquo;azote par rapport \u00e0 un min\u00e9ral pur.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Les principaux engrais organiques utilis\u00e9s en arboriculture fruiti\u00e8re<\/h2>\n<p><strong>Les produits biologiques<\/strong> disponibles sur le march\u00e9 ne forment pas une cat\u00e9gorie homog\u00e8ne&nbsp;: leurs origines, leurs modes d\u2019action et leurs p\u00e9riodes d\u2019utilisation sont tr\u00e8s vari\u00e9s. La connaissance des caract\u00e9ristiques de chaque produit est indispensable \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019un plan de fertilisation rationnel. <\/p>\n<p><strong>Le fumier de vache m\u00fbr<\/strong> est le plus courant en raison de sa disponibilit\u00e9 et de son co\u00fbt, mais il doit toujours \u00eatre utilis\u00e9 apr\u00e8s une p\u00e9riode de maturation d&rsquo;au moins six mois&nbsp;: le fumier frais lib\u00e8re de l&rsquo;ammoniac volatil, peut br\u00fbler les racines et introduire des agents pathog\u00e8nes. Son principal int\u00e9r\u00eat ne r\u00e9side pas dans sa faible teneur en NPK, mais dans sa <strong>contribution \u00e0 la microflore et \u00e0 la structure du sol<\/strong> . <\/p>\n<p><strong>Le fumier granul\u00e9<\/strong> est une forme transform\u00e9e et concentr\u00e9e de fumier, inodore et \u00e9pandable m\u00e9caniquement. Sa concentration varie consid\u00e9rablement selon l&rsquo;esp\u00e8ce animale&nbsp;: les granul\u00e9s de volaille pr\u00e9sentent une concentration en azote nettement sup\u00e9rieure \u00e0 celle des granul\u00e9s bovins. Avant tout achat, il est recommand\u00e9 de demander une analyse du produit au fournisseur, en pr\u00e9cisant l&rsquo;esp\u00e8ce.  <\/p>\n<p><strong>Le charme<\/strong> est l&rsquo;une des <strong>sources organiques les plus concentr\u00e9es d&rsquo;azote \u00e0 lib\u00e9ration lente<\/strong> . Il est particuli\u00e8rement adapt\u00e9 aux <strong>applications de fond en automne<\/strong> , o\u00f9 la min\u00e9ralisation lente durant l&rsquo;hiver rend les nutriments disponibles au printemps, au moment de la reprise de la v\u00e9g\u00e9tation. <\/p>\n<p><strong>Les farines d&rsquo;os<\/strong> constituent la principale <strong>source organique de phosphore<\/strong> . Cependant, leur efficacit\u00e9 d\u00e9pend du <strong>pH du sol&nbsp;:<\/strong> elles se min\u00e9ralisent bien \u00e0 un pH acide \u00e0 neutre (5,5-6,5), tandis qu&rsquo;\u00e0 pH \u00e9lev\u00e9, le phosphore a tendance \u00e0 pr\u00e9cipiter sous forme de phosphate tricalcique, r\u00e9duisant consid\u00e9rablement sa disponibilit\u00e9 pour les racines. De plus, il existe deux types de farines d&rsquo;os pr\u00e9sentant des concentrations tr\u00e8s diff\u00e9rentes (crues et cuites ou st\u00e9rilis\u00e9es).  <\/p>\n<p><strong>Le guano<\/strong> existe sous deux formes aux profils compl\u00e8tement diff\u00e9rents&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le guano frais<\/strong> est riche en azote et en phosphore sous une forme rapidement assimilable.<\/li>\n<li><strong>Le guano fossile min\u00e9ralis\u00e9<\/strong> est tr\u00e8s pauvre en azote mais tr\u00e8s riche en phosphore. Des extraits liquides sp\u00e9cialement formul\u00e9s peuvent \u00eatre utilis\u00e9s en fertirrigation organique, tandis que la forme solide est appliqu\u00e9e au sol. <\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Le compost certifi\u00e9<\/strong> pr\u00e9sente de faibles teneurs en NPK, mais sa valeur d\u00e9passe son apport nutritionnel direct&nbsp;: c\u2019est un amendement id\u00e9al pour <strong>am\u00e9liorer durablement la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9change cationique (CEC)<\/strong> , <strong>la capacit\u00e9 de r\u00e9tention d\u2019eau<\/strong> et <strong>l\u2019activit\u00e9 biologique<\/strong> du sol. Il doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un investissement structurel, et non comme un engrais saisonnier. <\/p>\n<p><strong>Le lombricompost<\/strong> a \u00e9galement une faible teneur en NPK, mais est <strong>riche en enzymes, en hormones v\u00e9g\u00e9tales naturelles et en micro-organismes tr\u00e8s actifs<\/strong> . Il est particuli\u00e8rement adapt\u00e9 aux <strong>jeunes plants<\/strong> , aux p\u00e9pini\u00e8res et comme stimulateur racinaire lors du repiquage, o\u00f9 la stimulation des racines prime sur l&rsquo;apport direct de nutriments. <\/p>\n<h3>Biostimulants et inoculants microbiens&nbsp;: diff\u00e9rences et utilisations en arboriculture fruiti\u00e8re<\/h3>\n<p><strong>Les biostimulants<\/strong> sont d\u00e9finis par les   <strong>R\u00e8glement (UE) n\u00b0 1009\/2019 <\/strong>  (PFC 6) comme une <strong>cat\u00e9gorie distincte des engrais<\/strong> : ils ne fournissent pas de NPK en doses significatives, mais <strong>modulent les processus physiologiques de la plante<\/strong> en am\u00e9liorant l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;absorption des nutriments d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents dans le sol, <strong>en augmentant la tol\u00e9rance au stress abiotique<\/strong> et <strong>en favorisant le d\u00e9veloppement des racines<\/strong> .<\/p>\n<p>Les principales cat\u00e9gories utilis\u00e9es en arboriculture fruiti\u00e8re sont&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Extraits d&rsquo;algues<\/strong>&nbsp;: parmi les esp\u00e8ces les plus \u00e9tudi\u00e9es figurent A. <em>scophyllum nodosum, Ecklonia maxima et Sargassum spp<\/em> . Ils am\u00e9liorent la tol\u00e9rance au stress hydrique et thermique et stimulent la croissance racinaire gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;auxines naturelles. <\/li>\n<li><strong>Acides amin\u00e9s hydrolys\u00e9s<\/strong>&nbsp;: am\u00e9liorent l\u2019absorption des nutriments et la synth\u00e8se des prot\u00e9ines v\u00e9g\u00e9tales, particuli\u00e8rement utiles en p\u00e9riode de stress.<\/li>\n<li><strong>Acides humiques et fulviques<\/strong> : am\u00e9liorent la structure du sol, la CEC et la disponibilit\u00e9 des micro\u00e9l\u00e9ments en solution.<\/li>\n<li><strong>Les inoculants microbiens (mycorhizes et bact\u00e9ries de la rhizosph\u00e8re)<\/strong> sont techniquement class\u00e9s dans une cat\u00e9gorie distincte des biostimulants \u00e0 proprement parler (PFC 6, CMC 7). Les mycorhizes augmentent la surface d&rsquo;absorption racinaire&nbsp;; des bact\u00e9ries telles qu&rsquo;Azospirillum et Bacillus subtilis am\u00e9liorent la solubilisation du phosphore et la disponibilit\u00e9 de l&rsquo;azote. Bacillus subtilis est \u00e9galement homologu\u00e9 comme agent de biocontr\u00f4le contre les champignons pathog\u00e8nes foliaires et racinaires, une double fonction \u00e0 prendre en compte lors de la planification des traitements.  <\/li>\n<\/ul>\n<p>La plupart <strong>des biostimulants naturels<\/strong> sont <strong>compatibles avec l&rsquo;agriculture biologique<\/strong> , mais leur \u00e9ligibilit\u00e9 doit \u00eatre <strong>v\u00e9rifi\u00e9e pour chaque produit sp\u00e9cifique<\/strong> conform\u00e9ment au r\u00e8glement (UE) n\u00b0 848\/2018. En effet, toutes les formulations commerciales ne sont pas conformes, car certaines contiennent des supports ou des excipients non autoris\u00e9s par le cahier des charges.  <\/p>\n<p>En <strong>arboriculture fruiti\u00e8re int\u00e9gr\u00e9e,<\/strong> elles sont largement utilis\u00e9es pendant les p\u00e9riodes de stress saisonnier maximal (s\u00e9cheresse estivale, froid tardif, nouaison difficile) et dans la phase post-plantation, o\u00f9 la combinaison de mycorhizes et d&rsquo;acides amin\u00e9s favorise l&rsquo;enracinement et le d\u00e9veloppement pr\u00e9coce du syst\u00e8me racinaire.<\/p>\n<h2>Strat\u00e9gie de fertilisation saisonni\u00e8re dans le verger<\/h2>\n<p><strong>Choisir un engrais pour un verger professionnel<\/strong> ne se r\u00e9sume pas \u00e0 choisir entre organique et chimique. <strong>Chaque cat\u00e9gorie a un r\u00f4le pr\u00e9cis dans le cycle nutritionnel<\/strong> de la plante et du sol&nbsp;: l\u2019objectif est de comprendre quel produit utiliser, \u00e0 quel stade ph\u00e9nologique et \u00e0 quel dosage. <\/p>\n<table width=\"597\">\n<thead>\n<tr>\n<td width=\"120\"><strong>P\u00e9riode<\/strong><\/td>\n<td width=\"160\"><strong>Produits recommand\u00e9s<\/strong><\/td>\n<td width=\"107\"><strong>Type de contribution<\/strong><\/td>\n<td width=\"211\"><strong>Objectif agronomique<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"120\"><strong>Automne \/ d\u00e9but d&rsquo;hiver<\/strong><\/td>\n<td width=\"160\">Fumier m\u00fbr, compost, fumier granul\u00e9, copeaux de corne<\/td>\n<td width=\"107\">Organique lourd<\/td>\n<td width=\"211\">Initier la min\u00e9ralisation pour le printemps ; am\u00e9liorer la structure du sol<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"120\"><strong>Fin d&rsquo;hiver \/ bourgeonnement<\/strong><\/td>\n<td width=\"160\">Nitrate de calcium, ur\u00e9e \u00e0 lib\u00e9ration lente, organo-min\u00e9ral<\/td>\n<td width=\"107\">Min\u00e9ral ou organo-min\u00e9ral.<\/td>\n<td width=\"211\">Favoriser la reprise v\u00e9g\u00e9tative avec de l&rsquo;azote facilement disponible<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"120\"><strong>Printemps \/ fructification<\/strong><\/td>\n<td width=\"160\">Engrais K-Ca, nitrate de potassium, engrais hydrosolubles<\/td>\n<td width=\"107\">Min\u00e9ral pr\u00eat \u00e0 l&#8217;emploi<\/td>\n<td width=\"211\">Nutrition cibl\u00e9e aux stades critiques de la floraison, de la nouaison et du d\u00e9veloppement initial du fruit<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"120\"><strong>\u00c9t\u00e9<\/strong><\/td>\n<td width=\"160\">Engrais foliaires&nbsp;: B, Zn, Fe, Mn&nbsp;; K en couverture racinaire<\/td>\n<td width=\"107\">Int\u00e9gration foliaire et radicale<\/td>\n<td width=\"211\">Corriger les carences en micronutriments&nbsp;; favoriser la croissance des fruits. Les applications foliaires doivent \u00eatre effectu\u00e9es par temps frais afin d\u2019\u00e9viter la phytotoxicit\u00e9. <\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"120\"><strong>Repos v\u00e9g\u00e9tatif<\/strong><\/td>\n<td width=\"160\">Amendements organiques pour le sol, acides humiques et fulviques<\/td>\n<td width=\"107\">amendements organiques et de sol<\/td>\n<td width=\"211\">Investir dans la fertilit\u00e9 structurelle \u00e0 long terme. Les biostimulants microbiens sont plus efficaces s&rsquo;ils sont appliqu\u00e9s en automne, lorsque les temp\u00e9ratures du sol sont encore favorables \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 biologique. <\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p><em>\u26a0\ufe0f<\/em><em>  Nitrate d&rsquo;ammonium \u00e0 titre \u00e9lev\u00e9 (NA) (&gt; L&rsquo;utilisation d&rsquo;engrais \u00e0 28 % d&rsquo;azote (N) est soumise \u00e0 des restrictions r\u00e9glementaires en Italie (r\u00e8glement UE 1907\/2006)&nbsp;: son usage est r\u00e9serv\u00e9 aux professionnels agr\u00e9\u00e9s. En arboriculture fruiti\u00e8re, le nitrate de calcium est pr\u00e9f\u00e9rable, car il n&rsquo;est pas soumis \u00e0 ces restrictions et offre l&rsquo;avantage suppl\u00e9mentaire d&rsquo;un apport en calcium. <\/em><\/p>\n<h3>Fertilisation foliaire : quand elle compl\u00e8te et quand elle ne remplace pas<\/h3>\n<p><strong>La fertilisation foliaire<\/strong> est un compl\u00e9ment, et non un substitut, \u00e0 la nutrition racinaire. Elle doit \u00eatre utilis\u00e9e lorsque&nbsp;: <\/p>\n<ul>\n<li><strong>Les carences en micronutriments (Fe, Zn, B, Mn) doivent \u00eatre corrig\u00e9es<\/strong> dans les sols dont le pH limite l&rsquo;absorption racinaire. Pour la chlorose ferrique en sols alcalins, le ch\u00e9late le plus efficace en application foliaire est le Fe-EDDHA, stable \u00e0 pH \u00e9lev\u00e9&nbsp;; le Fe-EDTA et le Fe-DTPA, quant \u00e0 eux, sont plus adapt\u00e9s \u00e0 la fertirrigation racinaire, o\u00f9 le pH de la solution peut \u00eatre contr\u00f4l\u00e9. <\/li>\n<li><strong>Il existe des conditions de stress hydrique<\/strong> qui ralentissent la circulation du xyl\u00e8me et donc le transport des nutriments du sol vers les feuilles.<\/li>\n<li><strong>En phase de pr\u00e9floraison,<\/strong> l&rsquo;objectif est de favoriser la qualit\u00e9 du pollen et le taux de nouaison gr\u00e2ce \u00e0 des apports cibl\u00e9s de B et de Zn, micro-\u00e9l\u00e9ments essentiels \u00e0 la germination du pollen et \u00e0 la formation du tube pollinique.<\/li>\n<li><strong>Apr\u00e8s la r\u00e9colte,<\/strong> notamment pour les fruits \u00e0 noyau (p\u00eache, abricot, cerise) et les fruits \u00e0 p\u00e9pins (pomme, poire), l&rsquo;objectif est de reconstituer les r\u00e9serves d&rsquo;azote dans les tissus ligneux avant la chute des feuilles \u2014 une r\u00e9serve d&rsquo;azote cruciale pour la reprise v\u00e9g\u00e9tative printani\u00e8re.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>La fertilisation foliaire ne doit jamais \u00eatre utilis\u00e9e comme solution de facilit\u00e9 face \u00e0 une carence chronique du sol<\/strong>&nbsp;: elle masque le sympt\u00f4me sans s\u2019attaquer \u00e0 la cause. Une carence en fer r\u00e9currente chaque ann\u00e9e indique un probl\u00e8me de pH, de drainage ou d\u2019antagonisme du sol&nbsp;; chez les agrumes, les feuilles r\u00e9v\u00e8lent ce probl\u00e8me avant m\u00eame toute analyse. <\/p>\n<h3>Verger biologique certifi\u00e9&nbsp;: contraintes et opportunit\u00e9s<\/h3>\n<p>Dans un <strong>verger en conversion<\/strong> ou <strong>certifi\u00e9 biologique<\/strong> (r\u00e8glement UE 848\/2018), l&rsquo;utilisation d&rsquo; <strong>engrais de synth\u00e8se<\/strong> est largement <strong>interdite<\/strong> , \u00e0 l&rsquo;exception des produits express\u00e9ment autoris\u00e9s \u00e0 l&rsquo;annexe I du r\u00e8glement (notamment le sulfate de potassium, les phosphates naturels, la chaux, le gypse et les oligo-\u00e9l\u00e9ments sous certaines formes). La fertilisation doit reposer sur <strong>des sources organiques et organo-min\u00e9rales d&rsquo;origine naturelle<\/strong> , <strong>des biostimulants conformes aux sp\u00e9cifications<\/strong> , <strong>des engrais verts<\/strong> et <strong>une gestion active de la mati\u00e8re organique du sol<\/strong> . <\/p>\n<p>Dans ces syst\u00e8mes, <strong>une planification pluriannuelle<\/strong> est essentielle : <strong>il n\u2019est pas possible d\u2019intervenir avec la rapidit\u00e9 des syst\u00e8mes conventionnels en cas de carences aigu\u00ebs<\/strong> ; par cons\u00e9quent, l\u2019approvisionnement de base en mati\u00e8re organique doit \u00eatre constitu\u00e9 au fil du temps et maintenu par des apports r\u00e9guliers.<\/p>\n<h3>Zones vuln\u00e9rables aux nitrates : Plan obligatoire de gestion des nutriments<\/h3>\n<p>Dans les <strong>zones vuln\u00e9rables aux nitrates (ZVN)<\/strong> , d\u00e9sign\u00e9es conform\u00e9ment \u00e0 <strong>la directive 91\/676\/CEE<\/strong> et r\u00e9glement\u00e9es en Italie par    <strong>D\u00e9cret l\u00e9gislatif 152\/2006<\/strong>  Conform\u00e9ment \u00e0 la loi environnementale consolid\u00e9e, <strong>des limites obligatoires s&rsquo;appliquent aux apports d&rsquo;azote<\/strong> . La limite de 170 kg N\/ha\/an concerne sp\u00e9cifiquement l&rsquo;azote provenant des effluents d&rsquo;\u00e9levage. Pour l&rsquo;azote total, toutes sources confondues (min\u00e9ral, organique non issue de l&rsquo;\u00e9levage et organo-min\u00e9ral), les limites sont d\u00e9finies par les programmes d&rsquo;action r\u00e9gionaux et varient d&rsquo;une r\u00e9gion \u00e0 l&rsquo;autre. Avant d&rsquo;\u00e9laborer votre plan de fertilisation dans ZVN, il est indispensable de consulter le programme d&rsquo;action de votre r\u00e9gion.  <\/p>\n<p>Cette contrainte d\u00e9place l&rsquo;attention de l&rsquo;origine de l&rsquo;engrais <strong>vers l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;azote<\/strong> fourni : dans ce contexte, <strong>les engrais \u00e0 lib\u00e9ration lente et organo-min\u00e9raux<\/strong> peuvent \u00eatre avantageux car <strong>ils r\u00e9duisent le risque de surplus et de pertes dues au lessivage<\/strong> , optimisant ainsi l&rsquo;utilisation de l&rsquo;azote disponible dans les limites autoris\u00e9es.<\/p>\n<h2>Comment lire une analyse de sol et adapter la fertilisation<\/h2>\n<p>L&rsquo;une des <strong>erreurs les plus fr\u00e9quentes en arboriculture fruiti\u00e8re professionnelle<\/strong> est <strong>d&rsquo;appliquer de l&rsquo;engrais selon un calendrier pr\u00e9cis<\/strong> sans jamais r\u00e9aliser d&rsquo;analyse de sol. <strong>Une analyse de sol compl\u00e8te<\/strong> , \u00e0 renouveler tous les 3 \u00e0 5 ans ou apr\u00e8s tout changement important de culture, doit comprendre&nbsp;: <\/p>\n<ul>\n<li><strong>pH<\/strong> : id\u00e9al 6\u20136,8 pour la plupart des esp\u00e8ces de fruits, \u00e0 l&rsquo;exception des esp\u00e8ces acidophiles telles que les myrtilles et les kiwis, qui pr\u00e9f\u00e8rent 5,5\u20136,0 ; les valeurs extr\u00eames bloquent l&rsquo;absorption des micro et macronutriments.<\/li>\n<li>Teneur <strong>en mati\u00e8re organique (%)<\/strong> : Les seuils critiques d\u00e9pendent de la texture du sol&nbsp;: inf\u00e9rieur \u00e0 1&nbsp;% dans les sols sableux, inf\u00e9rieur \u00e0 1,5&nbsp;% dans les sols limoneux sableux, inf\u00e9rieur \u00e0 2&nbsp;% dans les sols limoneux argileux et inf\u00e9rieur \u00e0 2,5-3&nbsp;% dans les sols argileux. En dessous de ces valeurs, l\u2019apport d\u2019amendements organiques est prioritaire sur tout engrais min\u00e9ral. <\/li>\n<li><strong>CEC (Capacit\u00e9 d&rsquo;\u00e9change cationique)<\/strong> : indique la capacit\u00e9 du sol \u00e0 retenir les cations fertilisants ; de faibles valeurs entra\u00eenent un risque accru de lessivage et une moindre efficacit\u00e9 de la fertilisation min\u00e9rale.<\/li>\n<li><strong>Azote total et rapport C\/N<\/strong> : les valeurs sup\u00e9rieures \u00e0 25 indiquent une pr\u00e9dominance de l&rsquo;immobilisation de l&rsquo;azote sur la min\u00e9ralisation : dans ces conditions, l&rsquo;azote organique fourni est utilis\u00e9 par le microbiote pour d\u00e9composer la substance organique, non mise \u00e0 la disposition des racines.<\/li>\n<li><strong>P assimilable<\/strong> (m\u00e9thode Olsen ou Egner-Riehm)&nbsp;: la m\u00e9thode Olsen est indiqu\u00e9e pour les sols neutres \u00e0 alcalins (pH&gt; 6,5), Egner-Riehm pour les sols acides (pH&lt; 6.5); ne comparez pas les valeurs obtenues avec des m\u00e9thodes diff\u00e9rentes.<\/li>\n<li><strong>K, Ca et Mg \u00e9changeables<\/strong> : toujours \u00e9valuer les rapports cationiques K\/Mg et Ca\/Mg pour identifier les antagonismes qui r\u00e9duisent l&rsquo;absorption m\u00eame en pr\u00e9sence de bonnes ressources du sol.<\/li>\n<li><strong>Micro\u00e9l\u00e9ments<\/strong> (Fe, Mn, Zn, B, Cu) : souvent bloqu\u00e9s par le pH m\u00eame en pr\u00e9sence d&rsquo;un bon apport : Fe, Mn et Zn sont bloqu\u00e9s \u00e0 pH \u00e9lev\u00e9 ; Mo \u00e0 pH faible.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Le croisement des analyses de sol et des analyses foliaires<\/strong> nous permet d&rsquo; <strong>\u00e9valuer l&rsquo;\u00e9tat nutritionnel actuel de la plante<\/strong> , en int\u00e9grant les donn\u00e9es du sol aux donn\u00e9es d&rsquo;absorption r\u00e9elles et en fournissant une base rationnelle pour une fertilisation corrective cibl\u00e9e.<\/p>\n<h2>Erreurs \u00e0 \u00e9viter lors de la fertilisation de votre verger<\/h2>\n<p>Dans la pratique quotidienne des vergers, certaines <strong>erreurs<\/strong> <strong>se r\u00e9p\u00e8tent fr\u00e9quemment,<\/strong> m\u00eame chez les arboriculteurs exp\u00e9riment\u00e9s. Voici quelques-unes des <strong>pratiques les plus courantes, mais pourtant agronomiquement incorrectes<\/strong>&nbsp;: <\/p>\n<ul>\n<li><strong>Fournir du fumier frais ou immature<\/strong> \u2014 comme indiqu\u00e9 dans la section 4, il doit \u00eatre laiss\u00e9 \u00e0 maturation pendant au moins 6 mois ou compost\u00e9 activement avant utilisation.<\/li>\n<li><strong>Fertilisez en automne avec des compos\u00e9s azot\u00e9s \u00e0 action rapide<\/strong> \u2014 ur\u00e9e, nitrates : l&rsquo;azote est lessiv\u00e9 par les pluies d&rsquo;automne et d&rsquo;hiver sans aucun b\u00e9n\u00e9fice pour la plante.<\/li>\n<li><strong>Ignorer le pH dans votre plan de fertilisation<\/strong> \u2014 comme d\u00e9taill\u00e9 dans la section 6, un pH hors plage bloque l\u2019absorption des micronutriments quelle que soit la dose appliqu\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Ne tenez pas compte des rapports cationiques<\/strong>&nbsp;: un exc\u00e8s de potassium bloque le magn\u00e9sium et le calcium&nbsp;; un exc\u00e8s de calcium bloque principalement le magn\u00e9sium, le potassium et le fer. Une fertilisation d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e engendre des antagonismes qui affectent la qualit\u00e9 des fruits. <\/li>\n<li><strong>Fertigation avec des produits non formul\u00e9s pour cet usage<\/strong> \u2014 seuls les engrais totalement solubles conviennent&nbsp;: min\u00e9raux hydrosolubles (nitrate de calcium, nitrate de potassium, sulfate de magn\u00e9sium) et, en agriculture biologique, extraits liquides d\u2019algues et d\u2019acides amin\u00e9s<\/li>\n<\/ul>\n<h2>FAQ \u2014 Foire aux questions<\/h2>\n<h3>1. L&rsquo;utilisation exclusive d&rsquo;engrais organiques est-elle suffisante pour un verger productif ?<\/h3>\n<p><strong>Cela d\u00e9pend du syst\u00e8me de culture, de la densit\u00e9 de plantation, de la richesse initiale du sol et des objectifs de production<\/strong> . Dans les syst\u00e8mes extensifs ou biologiques bien g\u00e9r\u00e9s, avec des apports organiques r\u00e9guliers et un sol biologiquement actif, la nutrition organique peut suffire \u00e0 des cultures comme les oliviers, les cerisiers ou les figuiers en faible intensit\u00e9. Dans les vergers \u00e0 haut rendement, il est difficile de satisfaire les besoins en azote et en potassium pendant les phases critiques sans apport min\u00e9ral, notamment au printemps, lorsque le taux de min\u00e9ralisation organique ne peut suivre la demande de la plante.  <\/p>\n<h3>2. Les engrais chimiques \u00ab br\u00fblent-ils \u00bb le sol \u00e0 long terme ?<\/h3>\n<p><strong>L&rsquo;expression est simplifi\u00e9e, mais elle rec\u00e8le une part de v\u00e9rit\u00e9 agronomique<\/strong> . L&rsquo;utilisation exclusive et prolong\u00e9e d&rsquo;engrais min\u00e9raux sans apports organiques r\u00e9duit progressivement la teneur en mati\u00e8re organique du sol, appauvrit le microbiote, d\u00e9grade sa structure et peut modifier le pH, notamment en cas de fertilisation azot\u00e9e au sulfate d&rsquo;ammonium, qui acidifie le sol. <strong>Ce n&rsquo;est pas le produit lui-m\u00eame qui est toxique, mais la<\/strong> <strong>gestion unilat\u00e9rale qui appauvrit le sol au fil du temps<\/strong> . Un sol riche en mati\u00e8re organique r\u00e9agit \u00e9galement mieux \u00e0 la fertilisation min\u00e9rale.  <\/p>\n<h3>3. Quelle est la diff\u00e9rence entre le fumier, le compost et l&rsquo;humus ?<\/h3>\n<p><strong>Le fumier est le produit brut issu du m\u00e9lange de d\u00e9chets animaux et de liti\u00e8re<\/strong>&nbsp;; il doit \u00eatre <strong>m\u00fbr avant utilisation<\/strong> . <strong>Le compost<\/strong> est obtenu par la d\u00e9composition contr\u00f4l\u00e9e de mati\u00e8res organiques mixtes&nbsp;; il peut contenir des d\u00e9chets v\u00e9g\u00e9taux, du fumier et des r\u00e9sidus agricoles, et constitue un amendement de sol stabilis\u00e9 pr\u00e9sentant un faible risque de phytotoxicit\u00e9. <strong>L\u2019humus<\/strong> est <strong>la fraction stable de la mati\u00e8re organique du sol<\/strong> , produit final du processus d\u2019humification&nbsp;: il ne s\u2019ach\u00e8te pas directement, mais se constitue au fil du temps gr\u00e2ce \u00e0 des apports organiques r\u00e9guliers. <strong>. humus de vers de terre<\/strong>  (le vermicompost) est un produit sp\u00e9cifique obtenu par la digestion des vers de terre, avec une activit\u00e9 biologique \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<h3>4. Quand la fertilisation foliaire est-elle pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la fertilisation racinaire&nbsp;?<\/h3>\n<p><strong>La fertilisation foliaire<\/strong> est pr\u00e9f\u00e9rable lorsqu&rsquo;une <strong>intervention rapide est n\u00e9cessaire pour corriger les carences en micronutriments<\/strong> dans les sols dont le pH limite l&rsquo;absorption racinaire, ou en <strong>cas de stress hydrique<\/strong> ralentissant la circulation du xyl\u00e8me. Elle ne remplace pas la fertilisation racinaire, mais la compl\u00e8te lors des phases critiques telles que la pr\u00e9floraison (B, Zn) et la post-r\u00e9colte (N). Pour le phosphore (P) et le potassium (K), l&rsquo;application foliaire est inefficace aux doses agronomiquement significatives. Concernant l&rsquo;azote (N), la fertilisation foliaire \u00e0 l&rsquo;ur\u00e9e est pratiqu\u00e9e apr\u00e8s la r\u00e9colte des fruits \u00e0 p\u00e9pins et \u00e0 noyau pour reconstituer les r\u00e9serves des tissus ligneux, mais elle ne remplace pas la fertilisation racinaire en cours de saison.   <\/p>\n<h3>5. Comment calcule-t-on les besoins en azote par hectare dans un verger ?<\/h3>\n<p>Le calcul repose <strong>sur les pr\u00e9l\u00e8vements de la culture<\/strong> (kg d&rsquo;azote par tonne de produit r\u00e9colt\u00e9), l&rsquo;azote <strong>r\u00e9siduel du sol<\/strong> (analyse), <strong>l&rsquo;efficacit\u00e9 de la min\u00e9ralisation de la mati\u00e8re organique<\/strong> (coefficient k\u2081 la premi\u00e8re ann\u00e9e, k\u2082 les ann\u00e9es suivantes) <strong>et les pertes pr\u00e9vues<\/strong> (lessivage, volatilisation). La dose d&rsquo;apport min\u00e9ral correspond \u00e0 la diff\u00e9rence entre les besoins totaux et la quantit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 disponible gr\u00e2ce aux trois premiers \u00e9l\u00e9ments. Le plan de fertilisation est obligatoire dans le cadre du ZVN et des mesures agroenvironnementales des PDR qui l&rsquo;imposent comme condition sp\u00e9cifique.  <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>D\u00e9couvrez comment<\/strong> <a href=\"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/\"><strong>Plantvoice<\/strong><\/a> <strong>surveille en temps r\u00e9el l&rsquo;\u00e9tat nutritionnel de vos cultures et vous aide \u00e0 \u00e9laborer votre plan de fertilisation.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Choisir le bon engrais pour un verger est une d\u00e9cision cruciale. Elle influe sur la productivit\u00e9 saisonni\u00e8re, la fertilit\u00e9 des sols \u00e0 long terme, la r\u00e9sistance des plants au stress hydrique et pathog\u00e8ne, et, dans le cas d&rsquo;une production certifi\u00e9e, sur la conformit\u00e9 aux normes de l&rsquo;agriculture biologique ou int\u00e9gr\u00e9e. La r\u00e9alit\u00e9 agronomique est plus&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":3137,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"content-type":"","footnotes":""},"categories":[30],"tags":[],"class_list":["post-3247","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-categorise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3247","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3247"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3247\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3137"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3247"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3247"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/plantvoice.farm\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3247"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}